Lors
de l’exposition Matière à penser
en 2003 à l’Artothèque de Saint-Denis,
j’écrivais sur Thierry Fontaine que ce jeune sculpteur
réunionnais était d’un genre singulier
(1) . L’artothèque persiste est signe son intérêt
pour l’artiste, en lui offrant une exposition personnelle
tout à fait intéressante. Nous y voyons Thierry
Fontaine envahir l’espace, ses images se dilater au point
de tapisser les murs, alors que d’autres y ouvrent des
fenêtres où les échelles et les lieux se
percutent. Les sculptures à l’aveugle sur son
propre corps ou de son corps en devenir, déjà anciennes,
servent de point d’ancrage aux nouvelles images avec
lesquelles elles contrastent.
L’identité, le double
L’espace triangulaire « île, ville, art » continue
ici à questionner l’identité de l’artiste.
Les traces photographiques de ses performances solitaires deviennent
celles de moments captés lors de ses errances de Londres à Paris
ou Strasbourg, revenant, transportant toujours son île,
son identité, ailleurs. Elles se trouvent souvent taraudées
par la question du double. Les lourdes reliques, portées
par le corps de l’artiste devenu montreur de formes sculptées
qui l’arrimaient au sol, décapité par le
cadrage, sont toujours présentes, mais laissent place
progressivement à des objets plus petits, beaucoup moins
lourds, manufacturés ou naturels, avec ou sans la présence
de l’artiste. L’objet se serait donc peu à peu
détaché du corps de l’artiste qui semblait
alors avoir accouché de formes immémoriales,
fossiles géants ramenés par la mer : l’artiste
sans tête se faisait alors ethnologue ou archéologue.
Que nous dit Thierry Fontaine de lui, de nous ? Que « l’homme
est une île », qu’il est son île, irrémédiablement
seul, accroché au sol primordial et entouré du
néant, de l’immensité, même sur un
quai de la Seine ou dans une station de métro. Que l’homme
est tiraillé entre soi et soi, entre soi et sa culture,
entre plusieurs lieux, entre soi et l’autre, que l’homme
est double assurément et que la quête est douloureuse,
lui arrache un cri muet. Mais pour la première fois,
nous entendons sa voix sans voir encore son visage, elle ne
crie pas, elle est douce et hésitante, incertaine et
répétitive. Dans un film volontairement « amateur » et
documentaire, un texte laconique propose une vision possible
de l’œuvre, puis l’artiste nous donne quelques
indices pour la comprendre mieux, quelques fausses pistes aussi
peut-être, on se demande si le film veut faire œuvre
ou l’accompagne.
Un sculpteur photographe
Les pièces les plus récentes délaissent
donc la sculpture, toujours pas d’objet à toucher,
elles se dirigent davantage vers une photographie fragmentée,
tout comme l’identité, « l’homme est
une île », une île en morceaux : des pieds,
des cheveux hissés flottant au vent, un torse d’homme
(on reconnaît la chemise bleue de l’artiste) à la
croix double ou gisant tête en bas cachée dans
l’herbe, une bouche « coquillage » immense
et sensuelle, les mains d’une autre… et puis les
siennes aussi, les mains de Thierry Fontaine, les mains du
sculpteur ayant perdu sa terre, elles ne sculptent plus, mais
constituent le cadre d’un paysage infini, affirment leur
présence dans le film. La main de l’artiste, celle
du sculpteur, la manualité comme concept d’une
sculpture invisible, à faire, de toutes les sculptures.
Cela revient à se situer en amont, dans les premiers
maillons de la chaîne, tout comme Laurence Weiner, sculpteur
sans objet qui façonne avec des mots. Ce dernier affirme
que son effacement n’est pas tant de la modestie qu’un
désir de se préserver d’une excitation
excessive, à l’égard de son propre travail,
qui tourne parfois à l’indécence. Cela
ne l’intéresse pas de voir sa signature partout,
dit-il. Thierry Fontaine a bien cette modestie. Il fallait
donc renoncer à la tyrannie de la « signature »,
pour avoir la liberté de modifier ses travaux ou ses
médiums selon les idées du jour. L’œuvre
d’art, selon Lawrence Weiner, est avant tout un travail.
Travail de l’esprit, travail de la main, qui se modifie,
se corrige, s’amende dans le temps de l’élaboration
et parfois après. Les idées sont issues d’un
environnement, d’une culture vécue, d’une
histoire personnelle qui reviennent toujours dans l’œuvre.
Avec sa terre, Thierry Fontaine a aussi perdu son masque ;
la preuve, il accepte aujourd’hui de se montrer, il nous
tend cette main, nous permet de le reconnaître peut-être,
il ne fait plus de ce caché une posture artistique,
son rêve n’est plus de disparaître complètement
derrière son œuvre, comme le disait Jean Genet
(2).
Enigme toujours…
Néanmoins, le mystère persiste, il nous faut
encore rester à distance : la photographie établit
une distance respectueuse entre les corps de Thierry Fontaine
et ceux qui les regardent, disait Guy Tortosa (3), cela vaut
encore aujourd’hui. L’élément naturel,
puis l’objet manufacturé sont entrés dans
le travail, venant se heurter aux mots. Ces derniers ont donc
repris une place dans l’œuvre, toujours en relation
avec l’objet : sur le banc à double assise où il
semble nous proposer une rencontre, nous inviter à rompre
la solitude d’un certain Thierry Fontaine ayant investi,
signé même, la moitié du banc, sachant
que nous serons assis dos à dos, et dans cette position
resterons anonymes.
L’humour ne semble pas absent de l’œuvre et
il passe par les mots encore et l’animal cette fois,
tout à fait incongru dans le travail, et pas n’importe
quel animal : l’escargot au sang froid dont la lenteur
et le système de reproduction bi-sexué lui permettant
de s’auto féconder sont bien connus. L’escargot
est un drôle d’animal, très présent
dans l’art. Daniel Arasse, observant le tableau de Francesco
del Cossa, L’Annonciation, nous demande : « Vous
trouvez ça normal, vous ? Dans le somptueux palais de
Marie, au moment (ô combien sacré !) de l’Annonciation,
un gros escargot qui chemine, yeux bien tendus, de l’Ange
vers la Vierge, vous n’y trouvez rien à redire
? (4) » La similitude formelle entre la représentation
de Dieu et celle de l’escargot pouvait certes être
notée, rappelant peut-être l’insondable
lenteur de Dieu à s’incarner ! Mais l’auteur
va plus loin : l’exceptionnelle présence de cet
animal dans une Annonciation et sa taille disproportionnée,
lui font dire qu’il « est peint sur le tableau
et non dans le tableau. Il est sur son bord, à la limite
entre son espace fictif et l’espace réel d’où nous
le regardons. (5) » Il serait donc là pour faire
lien. Et le couple d’escargots de Thierry Fontaine, lien
en deux temps de l’œuvre, entre le vivant et le
représenté, entre deux sexes androgynes, lenteur
de l’artiste ou de l’homme à s’incarner
? Enjeu d’incarnation, d’identité pour Thierry
Fontaine, tout autant géographique, culturelle que sexuelle… La
question du sexe de l’artiste, du masculin féminin,
a aussi fait couler beaucoup d’encre… Depuis les
premières œuvres, celui de Thierry Fontaine ne
pose guère de problème d’identification,
contrairement à ce qu’on a pu entendre dire lors
de la série Les sauvages, car hormis son prénom
masculin, la stature, les vêtements volontairement déterminés,
la chemise bleue devenue marque de fabrique, l’attitude également,
ne laissent aucune place à l’équivoque.
L’homme reste sans visage, figure de l’universalité,
de l’immuable création humaine et de l’inexorable
condition de mortel. Mais pour conclure, Daniel Arasse ajoute
que Francesco del Cossa fait de l’escargot la figure
d’un regard aveugle pour nous signifier que nous ne voyons
rien, ne savons rien de ce qui s’est réellement
produit, malgré cette représentation. Restons
modeste donc ! Mais pour quelle raison des escargots, plutôt
que des grenouilles, des crapauds ou des lézards, autres
sortes de bêtes à sang froid ? Et là, ils
sont deux, les deux mêmes sauf la coquille qui porte
un mot : ainsi l’un est baptisé Fontaine, l’autre
Thierry, l’un féminin, l’autre masculin,
unis pour la vie, faut-il redonner un sexe à l’escargot
? Imaginons qu’ils prennent chacun leur chemin, qu’adviendrait-il
? « Fontaine et Thierry sont sur une île, Fontaine
tombe à l’eau, que reste-il ? » « Non… pas
drôle ! » l’identité serait le nom,
celui du père, pas le prénom, quoique, et si
le nom était porté par la multitude ?… Hypothèse
plus qu’audacieuse donc, mais qui pose une nouvelle fois
la question du double sexe du créateur, mais la Fontaine
reste un bienfait, un jaillissement, et une référence
incontournable à l’objet dans l’art du XXème
siècle (6), à la porcelaine fragile et immaculée…
Toutefois, nous pouvons encore nous étonner d’une
métaphore qui nous ferait croire que Thierry Fontaine
a lu le poème Escargots de Francis Ponge (7). S’y
trouve évoqué ce que l’artiste semble rappeler
: un rapport singulier à la terre, à la trace,
au mouvement incessant, une singularité de la coquille
: intimité nomade à la fois symbole de naissance,
image de l’oreille donc des mots, et œuvre d’art.
Reste que l’escargot remet en question notre culture
dans le tableau décrit par Daniel Arrasse, tant sur
le plan des croyances que sur celui de la représentation
ou de l’art lui-même, Thierry Fontaine ajoute le
dédoublement dans sa photographie. Et si nous partions à la
chasse aux escargots, peut-être pourrions-nous retrouver
l’un ou l’autre, avec beaucoup de chance les deux
?
Conceptuel ?
L’œuvre se fait donc plus conceptuelle, plus de
monstre mythologique sans visage issu des amours interdites
entre un Dieu tout puissant et une créature terrestre
et dont on ne sait si la forme va bientôt émerger
du bloc de terre ou envelopper le corps entier et le faire
disparaître. Plus de Mi-homme monstrueux, mi-sculpture
inachevée, on pensait à Auguste Rodin. Thierry
Fontaine semble avoir échappé au labyrinthe,
au masque de fer, à sa prison de cette terre étouffante,
le voici libre enfin de chercher plus loin ce qui le constitue,
ce qui nous constitue aussi. Il éprouvait le matériau
juste avec ses images mentales, à l’aveugle, il
les montre aujourd’hui sous différentes formes,
l’objet l’y aide et Francis Ponge revient le « citant » même à la
dernière ligne (8) .
Liberté
La figure effrayante de l’homme étouffant, chutant
parfois dans le sable ou les cailloux, au visage improbable
et mystérieux, à la fois corps à la souffrance
montrée et à l’identité impossible
a disparu, ou plutôt s’est fondue dans le décor
au profit d’un homme marchant, explorant toutes les directions,
assoiffé de rencontres, sensuel et plus calme, l’espoir
renaît. Le Prométhée sculpteur de son propre
corps a pris sa liberté, plus aucun poids ne le cloue
vraiment au sol, il devient spectateur et acteur d’un
monde, d’un voyage, et ce n’est que « justice ».
Mais Thierry Fontaine garde son secret, il se cache encore
et se joue de nous, publiera-t-il bientôt son roman chez
Gallimard ou n’est-il pas encore arrivé jusqu’à nous
?
Isabelle
Poussier - janvier 2006
(1)
Les sculptures photographiques de ThierryFontaine, In Picassiette
n°1, site Arts et culture du CRDP de la
Réunion (http://www/crdp-reunion.net/ dossiers archives)
(2) G. TORTOSA, Thierry Fontaine, SEUL, Jean-Michel Place éditions, Cahors,
2001.
(3) Idem.
(4) ARASSE, D. On n’y voit rien, Descriptions. Paris : Denoël, 2000,
coll. « Essai »,
p. 25.
(5) Idem, p. 35.
(6) DUCHAMP, M. Fontaine, 1917/1964, Ready-Made : urinoir en porcelaine, 23.5
x
18.8cm,
hauteur 60cm, Milan, Collection Arturo Schwarz
(7) PONGE, F. Le parti pris des choses, suivi de Proêmes. Paris : Gallimard
(1967), 16ème éd., coll. « nrf », 2000, pp. 51-55.
(8) PONGE, F. L’objet c’est la poétique, in Nouveau recueil,
Paris,
Gallimard, coll. « nrf », 1967, p. 146.
Escargots (extraits)
F. Ponge, Le parti pris des choses, suivi de Proêmes,
Paris, Gallimard, coll. « nrf », 1967, 16ème éd.,
2000, pp. 51-55.
… les escargots aiment la terre humide. Go on, ils avancent collés à elle
de tout leur corps. Ils en emportent, ils en mangent, ils en excrémentent.
Elle les traverse. Ils la traversent. C’est une interpénétration
du meilleur goût parce que pour ainsi dire ton sur ton – avec un élément
passif, un élément actif, le passif baignant à la fois
et nourrissant l’actif -…
(Il y a autre chose à dire des escargots. D’abord leur propre humidité.
Leur sang froid. Leur extensibilité.)
À remarquer d’ailleurs que l’on ne conçoit pas un escargot
sorti de sa coquille et ne se mouvant pas. Dès qu’il repose, il
rentre aussitôt au fond de lui-même. […] Dès qu’il
s’expose, il marche.
[…]
Certainement c’est parfois une gêne d’emporter partout avec
soi cette coquille mais ils ne s’en plaignent pas et finalement ils en
sont bien contents. Il est précieux, où que l’on se trouve,
de pouvoir rentrer chez soi et défier les importuns. Cela valait bien
la peine.
[…]
Seul, évidemment l’escargot est bien seul. Il n’a pas beaucoup
d’amis. Mais il n’en a pas besoin pour son bonheur. Il colle si bien à la
nature, il en jouit si parfaitement de si près, il est l’ami du
sol qu’il baise de tout son corps, et des feuilles, et du ciel vers quoi
il lève si fièrement la tête, avec ses globes d’yeux
si sensibles ; noblesse, lenteur, sagesse, orgueil, vanité, fierté.
[…]
Ainsi en est-il de tous ceux qui s’expriment d’une façon entièrement
subjective sans repentir, et par traces seulement, sans souci de construire et
de former leur expression comme une demeure solide, à plusieurs dimensions.
Plus durable qu’eux-mêmes.
Mais sans doute eux n’éprouvent pas ce besoin. Ce sont plutôt
des héros, c’est-à-dire des êtres dont l’existence
même est œuvre d’art, - que des artistes, c’est-à-dire
des fabricants d’œuvres d’art.
Mais c’est ici que je touche à l’un des points principaux
de leur leçon, qui d’ailleurs ne leur est pas particulière
mais qu’ils possèdent en commun avec tous les êtres à coquille
: cette coquille, partie de leur être, est en même temps œuvre
d’art, monument. Elle demeure plus longtemps qu’eux.
Et voilà l’exemple qu’ils donnent. Saints, ils font œuvre
d’art de leur vie, - œuvre d’art de leur perfectionnement.
[…]
Mais quelle est la notion propre à l’homme : la parole et la morale.
L’humanisme.
Paris, 21 mars 1936.
L’objet c’est la poétique
F. Ponge, L’objet c’est la poétique,
in Nouveau recueil, Paris, Gallimard, coll. « nrf », 1967, p.
146.
Le rapport de l’homme à l’objet n’est du tout seulement
de possession ou d’usage. Non, ce serait trop simple. C’est
bien pire.
Les objets sont en dehors de l’âme, bien sûr ; pourtant ils
sont aussi notre plomb dans la tête.
Il s’agit d’un rapport à l’accusatif.
L’homme est un drôle de corps, qui n’a pas son centre de gravité en
lui-même.
Notre âme est transitive. Il lui faut un objet qui l’affecte, comme
un complément direct, aussitôt.
Il s’agit du rapport le plus grave (non du tout de l’avoir, mais
de l’être)
L’artiste plus que tout homme en reçoit la charge, accuse
le coup.
Par bonheur, pourtant, qu’est-ce que l’être ? – Il n’est
que des façons d’être successives. Il en est autant que d’objets.
Autant que de battements de paupières.
D’autant que, devenant notre régime, un objet nous concerne, notre
regard aussi l’a cerné, le discerne. Il s’agit, dieux merci,
d’une « discrétion » réciproque ; et l’artiste
aussitôt touche au but.
Oui, seul l’artiste, alors sait s’y prendre.
Il cesse de regarder, tire au but.
L’objet, certes, accuse le coup.
La Vérité se renvole, indemne.
La métamorphose a eu lieu.
Ne serions-nous qu’un corps, sans doute serions-nous en équilibre
avec la nature.
Mais notre âme est du même côté que nous dans
la balance.
Lourde ou légère, je ne sais.
Mémoire, imagination, affects immédiats, l’alourdissent ;
toutefois, nous avons la parole (ou quelque autre moyen d’expression) ;
chaque mot que nous prononçons nous allège. Dans l’écriture,
il passe même de l’autre côté.
Lourds ou légers donc je ne sais, nous avons besoin d’un
contrepoids.
L’homme n’est qu’un lourd vaisseau, un lourd oiseau, sur l’abîme.
Nous l’éprouvons.
Chaque « battibaleno » nous le confirme. Nous battons du regard comme
l’oiseau de l’aile, pour nous maintenir.
Tantôt au sommet de la vague, et tantôt croyant nous abîmer.
Éternels vagabonds, du moins tant que nous sommes en vie.
Mais le monde est peuplé d’objets. Sur ses rivages, leur foule infinie,
leur collection nous apparaît, certes plutôt indistincte
et floue.
Pourtant cela suffit à nous rassurer. Car nous l’éprouvons
aussi, chacun d’eux, à son gré, tour à tour, peut
devenir notre point d’amarrage, la borne où nous appuyer.
Il suffit qu’il fasse le poids.
Plutôt que notre regard, c’est alors l’affaire de notre main,
- qu’elle sache filer la manœuvre.
Il suffit dis-je qu’il fasse le poids.
La plupart ne font pas le poids.
L’homme, le plus souvent, n’étreint que ses émanations,
ses fantômes. Tels sont les objets subjectifs.
Il ne fait que valser avec eux, chantant tous la même chanson ; puis s’envole
avec eux ou s’abîme.
Il nous faut donc choisir des objets véritables, objectant indéfiniment à nos
désirs. Des objets que nous rechoisissons chaque jour, et non comme notre
décor, notre cadre ; plutôt comme nos spectateurs, nos juges ; pour
n’en être, bien sûr, ni les danseurs, ni les pitres.
Enfin, notre secret conseil.
Et ainsi composer notre temple domestique :
Chacun de nous, tant que nous sommes, connaît bien, je suppose, sa Beauté.
Elle se tient au centre, jamais atteinte.
Tout en ordre autour d’elle.
Elle intacte.
Fontaine de notre patio.
février
1962.